L’UNIVERSITÉ POPULAIRE DU CONFLENT

 L’UNIVERSITE POPULAIRE DU CONFLENT

ouverte à tous      entrée libre

 D’UN SUJET, L’ AUTRE

Causerie, avec J. Falieu et F. Fliege

Rimbaud ou le désordre de la pensée
—  la logique du désir
—  la fonction poétique du langage, entre folie et création artistique

2   le paradigme amoureux ou l’illusion de la fusion en l’ Autre
—  grandeur et misère de la passion
—  l’absolu besoin d’aimer et d’être aimé

3   la figure de l’Autre comme source d’aliénation
—  aliénation mentale et fabrique de la folie
—  la dépendance et la disparition du sujet dans l’abandon de sa liberté

4   complicité de la morale et du pouvoir
—  l’idéologie comme fondement de la morale des autres
—  éthique et générosité, sources d’un réel contrat social

Samedi 22 avril 17h30

salle du Pessebre rue St Jean de Porto-Rico Prades

Renseignements : J. FALIEU 06 28 02 68 62, F. FLIEGE 06 62 62 92 55, G. TURREL 04 68 96 08 15.

 

D’un Sujet … l’ Autre

La causerie de cette année peut être considérée comme une suite logique à celle qui nous avait conduit l’an dernier à explorer le territoire d’un poète, Arthur Rimbaud, avec comme argument une courte phrase tirée de la lettre du voyant, « Je est un autre ».

L’enjeu de cette nouvelle édition, encore sous forme de causerie, devrait permettre de prolonger la réflexion au delà de la structure psychique qui mettait en scène cet Autre caché en moi et soudain révélé. Après avoir exploré la sphère de l’intériorité nous avions abouti à cette évidence que pour tout autre que moi, en son Je, il est toujours un Autre, avec qui aussi j’ai à faire (et donc à vivre).

Cel nous amène à aborder un territoire à la fois plus ordinaire et en même temps plus complexe : celui de nos rapports aux autres dans la mesure où, eux aussi, sont habités par cet Autre d’où surgissent les pulsions. Autant dire que la sphère du désir passe par la relation aux autres, au risque de sombrer dans la folie.

Le milieu social regorge de chausse-trappes où chacun peut se trouver piégé dans ses élans d’amour, soit parce qu’il est le siège d’une illusion, comme dans l’amour fou par exemple, soit qu’il se trouve dans une situation de dépendance par rapport aux autres, que l’on peut nommer aliénation.

D’une façon générale on parle d’aliénation à partir du moment où le Sujet abandonne sa liberté à quelqu’un d’autre, que ce soit dans la relation travail, dans un registre familial, ou encore lorsqu’il se trouve aux prises avec son propre passé et que celui-ci contient des blessures qui l’empêchent de se réaliser en tant qu’individu (il s’agit aussi d’un abandon à l’Autre).

Or cet individu fragilisé se trouve en première ligne face à ce que la société lui impose de frustrations, d’avilissements, d’exclusions parfois ; l’aliénation mentale résulte bien souvent de cette fabrique de la folie que peut constituer un tel parcours de dévalorisation et de solitude.

Du coup il devient intéressant de pousser la réflexion jusqu’au rôle que joue la morale à l’intérieur du processus de construction du citoyen ; une critique de la relation de domination par l’idéologie permet de démontrer que toute doctrine morale est au service d’un pouvoir, qu’il soit révolutionnaire ou réactionnaire. Qu’il soit nécessaire pour la vie en société d’établir des règles, et que toute règle ait nécessairement ses contraintes, cela ne fait aucun doute ; mais ce qui reste en question c’est de savoir quelle est la marge de liberté pour le Sujet, confronté à la fois à cet Autre en lui-même sous la forme du Surmoi et aux autres avec qui il s’agit de fonder des rapports d’égalité.

Au terme de ce questionnement nous voici amenés à nous interroger sur la capacité d’un individu d’échapper à ce qui lui est autre. Y a-t-il une chance pour penser par soi-même, pour agir conformément à une certaine éthique sans qu’elle soit piégée a priori par un conditionnement social.

En quelque sorte quelle part de liberté nous est-il permis d’espérer dans nos aventures éthiques qui ne puisse être barré ou récupéré par un système (celui de la religion, ou de quelqu’autre idéologie…).

Vivre avec les autres, un pari qui ne se contente pas de « faire avec »…Un vivarium où l’éthique fricote indéniablement avec le désir et où la morale des autres vient envahir nos convictions.

Ce qui n’est pas à démontrer en ces temps d’élections majeures où se joue l’avenir de chacun et le fric-frac des intérêts de tous.

 

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